
Après plus de douze ans de représentations auprès du ministère de la Famille, nous pouvons enfin crier (et le mot n’est pas trop fort) victoire!
Les enfants allergiques qui fréquentent les CPE, les garderies et les services de garde en milieu familial au Québec seront bientôt mieux protégés grâce aux modifications apportées au Règlement sur les services de garde éducatifs à l’enfance et à l’adoption d’un nouveau protocole encadrant l’administration d’épinéphrine aux enfants sans allergie connue.
Et, dans les coulisses, nous avons travaillé très fort pour en arriver à ce résultat.
Pourquoi c’est important
Les dispositions actuelles du Règlement relatives à la conservation et à l’administration de l’épinéphrine limitent, dans certaines circonstances, la capacité du personnel des services de garde à intervenir rapidement auprès d’un enfant présentant une réaction allergique grave.
Plus précisément :
- Le contenu obligatoire de la trousse de premiers soins ne comprend pas d’auto-injecteur d’épinéphrine non attribué à un enfant en particulier;
- Le service de garde ne peut conserver et administrer que l’auto-injecteur fourni par les parents, identifié au nom de leur enfant et accompagné de leur autorisation écrite;
- Dans les CPE et les garderies, seuls les membres du personnel désignés par écrit peuvent administrer un médicament, y compris l’épinéphrine.
L’application stricte de ces dispositions ne permet pas d’administrer de l’épinéphrine à un enfant dont la première réaction allergique grave se produit au service de garde puisqu’aucun auto-injecteur n’a été fourni à son nom. Même problème lorsque l’allergie de l’enfant est connue, mais qu’il n’y a pas d’auto-injecteur à son nom ou que celui-ci est inutilisable.
Selon le ministère de la Famille, l’obligation de porter secours prévue par l’article 2 de la Charte des droits et libertés de la personne permet néanmoins au personnel d’utiliser, en cas de danger pour la vie, l’auto-injecteur d’un autre enfant, s’il y en a un sur place. Il s’agit toutefois d’une solution exceptionnelle qui dépend de la présence d’un tel dispositif et crée de l’incertitude au moment où chaque minute compte.
À ces difficultés s’ajoute la règle réservant l’administration aux personnes désignées par écrit : même lorsque l’auto-injecteur de l’enfant est disponible, l’intervention peut être retardée si aucune de ces personnes ne se trouve à proximité.
Ce qui change
Le nouveau régime vient corriger ces lacunes majeures. Plus précisément :
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