
Quand la première clinique d’immunothérapie orale (ITO) au Québec a ouvert ses portes au CHU Sainte-Justine en 2017, on ne se pouvait plus de bonheur.
On avait milité pendant des années pour que cette clinique voie le jour. Notre directrice générale, Marie-Josée Bettez, faisait même partie du comité d’experts mis sur pied pour l’implanter.
Au cours des années suivantes, l’offre d’ITO s’est élargie : Sherbrooke, Québec, etc. Les témoignages enthousiastes des parents d’enfants assez chanceux pour en bénéficier se sont multipliés. Ce traitement change des vies!
Un problème d’accès
Peu à peu, un constat frustrant s’est quand même imposé : l’ITO reste hors de portée pour la majorité des patients en raison du nombre insuffisant d’allergologues pour répondre à la demande.
C’est un problème pour notre communauté en général et pour les nourrissons en particulier.
Les tout-petits forment en effet une catégorie à part. Pour la majorité d’entre eux, le traitement est relativement facile et mène à une guérison complète et permanente de l’allergie alimentaire. La désensibilisation reste possible après la première année de vie, mais elle aboutit généralement à une plus grande tolérance à l’allergène plutôt qu’à une rémission complète.
Pour augmenter les chances de guérison, il faut donc agir rapidement. Ce qui est le plus souvent impossible, puisque le délai moyen avant un premier rendez-vous avec un allergologue est de trois ans.
Conséquence : la majorité des enfants ratent la courte fenêtre d’opportunité pour empêcher l’allergie de s’établir de façon permanente.
Ça n’a pas de sens.
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